Guide · Numérisation
Améliorer
une image
scannée.
Un scan raté ne se rattrape pas : le pilote du scanner applique ses corrections avant d'écrire le fichier, et elles sont définitives. Deux minutes de réglages avant la numérisation valent une heure de retouche après, et une seule d'entre elles est réellement irréversible : le moiré.
En bref
- Une page imprimée est déjà tramée : la scanner crée un moiré que le traitement ne supprime jamais proprement.
- La parade se prend au scan : détramage activé, ou numérisation à très haute résolution puis réduction.
- Coupez toutes les corrections automatiques du pilote : accentuation, contraste, restauration des couleurs, retrait des poussières.
- Numérisez en TIFF 16 bits, jamais en JPEG : la compression fige des artefacts avant même le premier traitement.
Le moiré, et pourquoi il faut le traiter au scan
Une page de magazine ou de livre n'est pas une image continue : c'est une trame de points d'encre, généralement 150 lignes par pouce, posés selon des angles précis. Votre scanner est lui aussi une grille régulière. Deux grilles régulières superposées produisent une troisième figure, beaucoup plus grossière que chacune des deux : des vagues, des damiers colorés, des rosaces. C'est le moiré.
Sa particularité est d'être une structure, pas un bruit. Un débruiteur ne la voit pas comme un parasite mais comme du détail, et un réseau d'agrandissement l'agrandit fidèlement. Une fois dans le fichier, elle y reste.
Deux parades, toutes deux à prendre au moment du scan :
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Le détramage du pilote
Presque tous les pilotes proposent un mode « descreening » ou « détramage », souvent réglable par type de document — journal, magazine, livre d'art. Il floute juste ce qu'il faut à la bonne fréquence. C'est la seule correction automatique de scanner qu'il faut activer.
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Scanner très haut, puis réduire
Numérisez à 1 200 DPI, puis réduisez à 300 : la réduction moyenne les points de trame entre eux et le moiré disparaît sans flouter l'image. Plus lent, plus lourd, et nettement meilleur sur un document de valeur.
Une troisième manœuvre existe et sert quand rien d'autre n'a marché : tourner la page de deux ou trois degrés sur la vitre. Le moiré dépend de l'angle entre les deux grilles ; le décaler suffit parfois à le faire disparaître.
Les réglages qui comptent
| Réglage | À mettre sur | Pourquoi |
|---|---|---|
| Format | TIFF, sans compression ou LZW | Le JPEG fige des artefacts avant tout traitement |
| Profondeur | 16 bits par couche | La marge nécessaire aux corrections de densité |
| Résolution | 600 DPI (photo), 1200 (imprimé) | Le détail utile d'un tirage s'arrête vers 600 |
| Accentuation | Désactivée | Irréversible, et mal calibrée pour votre usage final |
| Contraste et niveaux auto | Désactivés | Bouchent les ombres et brûlent les hautes lumières |
| Restauration des couleurs | Désactivée | Sature à l'aveugle sans savoir ce que montre l'image |
| Retrait des poussières | Désactivé | Confond une poussière avec un reflet dans un œil |
| Détramage | Activé sur un imprimé | La seule correction à prendre au scan |
La logique est unique : tout ce qui peut se faire après, se fait après, sur un fichier qu'on peut reprendre. Tout ce qui ne peut se faire qu'avant — la résolution, la profondeur, le détramage — se décide maintenant.
Ce qui reste à faire après
Le scan livre un fichier volontairement plat, un peu terne, sans accentuation. C'est normal, et c'est un bon point de départ.
Recadrer et redresser. Un document posé de travers de deux degrés se rattrape par rotation, mais chaque rotation rééchantillonne l'image : faites-la une seule fois, sur le fichier 16 bits.
Poser le point noir et le point blanc. Sur un document, le blanc du papier doit être blanc sans être brûlé, et le noir du texte noir sans être bouché. C'est ce réglage, et non l'accentuation, qui rend un scan lisible.
Agrandir, si la taille finale l'exige. Après le détramage et les corrections, jamais avant : un réseau d'agrandissement reproduit fidèlement un moiré ou une dominante, et les rend quatre fois plus visibles.
Écrire le fichier de sortie. Densité, profil colorimétrique, cotes. La liste est ici.
Questions fréquentes
Comment supprimer le moiré d'un scan ?
En le prévenant, pas en le corrigeant. Activez le détramage du pilote, ou numérisez à 1 200 DPI puis réduisez à 300. Une fois le moiré dans le fichier, aucun filtre ne l'enlève sans emporter le détail de l'image avec lui.
Faut-il scanner en JPEG ou en TIFF ?
En TIFF, sans hésiter. Le JPEG compresse par blocs de 8 pixels et ces blocs deviennent visibles dès la première correction de contraste. Le TIFF est plus lourd ; c'est le seul inconvénient, et il ne coûte rien aujourd'hui.
Un scan à 300 DPI suffit-il ?
Seulement si l'original est déjà à la taille finale voulue. 300 DPI sur un tirage 10 × 15 donne 1 181 × 1 772 pixels : une image de 10 centimètres à l'impression, pas davantage. Scannez à 600 pour vous laisser une réédition possible.
Finir le fichier pour l'imprimeur
Le résultat est visible avant tout paiement, et l'image ne quitte jamais votre machine.
À lire ensuite : le cas des photos anciennes, préparer le fichier pour l'imprimeur, augmenter la résolution d'une image.
Guide tenu par l'atelier · dernière mise à jour : 24 août 2026 · qui écrit ces pages.