Guide · Fabrication
Améliorer
une image
pour l'impression.
L'écran pardonne, le papier ne pardonne rien. Une image validée en réunion peut être renvoyée par la fabrication pour six raisons dont aucune ne concerne son contenu : la densité, les cotes, le fond perdu, le profil, l'accentuation et les métadonnées. Voici la liste, dans l'ordre où on la traite.
En bref
- Un tirage de 30 cm à 300 DPI réclame 3 543 px. Sur papier journal, 200 DPI suffisent.
- Le fond perdu n'est pas une marge : c'est de l'image en plus, hors format fini, qui part à la coupe.
- Livrez en sRGB avec le profil embarqué : l'impression à la demande convertit elle-même vers sa machine.
- L'accentuation se règle en dernier, sur les dimensions réelles du tirage, jamais sur le fichier d'origine.
Les six points, dans l'ordre
- 1
Assez de pixels pour la taille
centimètres ÷ 2,54 × densité. C'est le seul point éliminatoire : les cinq autres se corrigent en quelques minutes, celui-ci demande un agrandissement ou une autre image.
- 2
Les cotes exactes, fond perdu compris
Un A4 fini fait 210 × 297 mm ; avec 5 mm de fond perdu sur chaque bord, le fichier à livrer fait 220 × 307 mm, soit 2 598 × 3 626 pixels à 300 DPI. Le fond perdu se prévoit avant le recadrage, sans quoi il faut rogner le sujet.
- 3
La densité écrite dans le fichier
Un fichier de 3 543 pixels étiqueté 72 DPI arrive au studio comme une image de 125 centimètres. Le nombre de pixels est juste, l'étiquette est fausse, et c'est elle que lisent les outils de mise en page.
- 4
Le profil colorimétrique embarqué
sRGB pour l'impression à la demande : les plateformes convertissent vers le profil de leur presse. Une conversion CMJN faite à l'aveugle, sans le profil de la machine, dégrade sans rien garantir. En édition professionnelle, le fabricant fournit son profil ; utilisez celui-là.
- 5
L'accentuation calibrée sur la taille finale
L'encre s'étale légèrement : une image non accentuée sort molle. Un rayon fin, de l'ordre du pixel, appliqué sur le fichier aux dimensions du tirage. Dès qu'un liseré clair apparaît le long d'un contraste, c'est trop.
- 6
Les métadonnées
Crédit, auteur, mention de droits, et le cas échéant l'origine de l'image. En presse, un fichier sans crédit est un fichier qui repart. Le champ IPTC qui déclare une image générée se remplit ici.
La densité selon le support
300 DPI est une convention utile, pas une loi. La densité utile dépend du papier et de la distance de lecture : exiger 300 sur un support qui ne les restitue pas revient à réclamer quatre fois plus de pixels pour rien.
| Support | Densité utile | Pourquoi |
|---|---|---|
| Livre d'art, couverture | 300 DPI | Papier couché, lecture à 30 cm |
| Magazine | 300 DPI | Trame fine, papier lisse |
| Quotidien, papier journal | 200 DPI | L'encre s'étale, la trame est grossière |
| Affiche, lecture à 1 m | 150 à 200 DPI | La distance fait le reste |
| Bâche, très grand format | 50 à 100 DPI | Lecture à plusieurs mètres |
| Tirage d'art, exposition | 300 à 360 DPI | Regardé de près, et longtemps |
Les quatre erreurs qui font revenir un fichier
Le rééchantillonnage caché. Le fichier fait la bonne taille en pixels, mais il a été gonflé par interpolation. Il passe le test automatique de dimensions et sort mou sur le papier. Un studio le repère à 100 % ; la plateforme automatique, non.
Le fond perdu oublié. L'image est aux cotes du format fini. À la coupe, un liseré blanc apparaît sur un bord. Il n'y a plus d'image à rogner, et le sujet doit être réduit dans la maquette.
Le profil perdu à l'export. La case « incorporer le profil colorimétrique » a sauté. Le fichier est interprété par défaut, les couleurs virent, et personne ne comprend pourquoi le bleu de la charte n'est plus le bon.
Le XMP effacé. Un passage par un outil de compression ou une plateforme de partage vide silencieusement les métadonnées. Le crédit disparaît, et avec lui la mention d'origine si l'image en réclame une. Vérifiez le fichier livré, pas celui exporté.
Questions fréquentes
Faut-il convertir en CMJN avant d'envoyer à l'imprimeur ?
Pas en impression à la demande : les plateformes attendent du sRGB et convertissent vers le profil de leur machine. En édition professionnelle, demandez le profil du fabricant et convertissez avec celui-là. Une conversion CMJN générique dégrade sans rien garantir.
Combien de fond perdu prévoir ?
3 mm en impression numérique courante, 5 mm en offset et pour toute reliure. Vérifiez toujours le gabarit du fabricant : c'est lui qui fait foi, et il varie selon la façonnage.
Mon imprimeur refuse le fichier alors qu'il fait la bonne taille. Pourquoi ?
Trois causes, par ordre de fréquence : la densité écrite dans le fichier est fausse, le fond perdu manque, ou le fichier a été gonflé par interpolation et le contrôle visuel l'a vu. Les trois se vérifient en trente secondes sur le fichier livré.
JPEG ou TIFF pour la livraison ?
TIFF avec compression LZW quand le fabricant l'accepte : aucune perte, et les métadonnées survivent. À défaut, JPEG en qualité maximale, exporté une seule fois depuis le fichier de travail — jamais un JPEG rouvert et réenregistré.
Produire le fichier de fabrication
Le résultat est visible avant tout paiement, et l'image ne quitte jamais votre machine.
À lire ensuite : les cotes d'une couverture, pourquoi 300 DPI, et combien de pixels, le diagnostic des cinq défauts.
Guide tenu par l'atelier · dernière mise à jour : 24 août 2026 · qui écrit ces pages.