Guide · Résolution
Convertir
72 DPI
en 300 DPI.
La manipulation prend dix secondes, elle est expliquée plus bas, et elle ne changera rien à votre image. Voici pourquoi, et ce qu'il faut faire à la place quand le fichier est réellement trop petit.
Ce que vous changez vraiment
Un fichier image contient une grille de pixels et, quelque part dans l'en-tête, une ligne qui dit « à l'impression, tasse-les à tant par pouce ». Cette ligne, c'est le DPI. Elle occupe deux octets. Elle ne contient aucun détail, aucune couleur, aucune information visuelle.
Passer de 72 à 300 réécrit ces deux octets. La grille de pixels, elle, ne bouge pas d'un iota. Conséquence directe : la taille d'impression annoncée est divisée par 4,17, puisque les mêmes pixels sont désormais tassés quatre fois plus serré.
Exemple chiffré
| Avant | Après | |
|---|---|---|
| Pixels | 1920 × 1080 | 1920 × 1080 |
| Étiquette | 72 DPI | 300 DPI |
| Taille annoncée | 67,7 × 38,1 cm | 16,3 × 9,1 cm |
| Détail contenu | identique | identique |
L'image n'a ni gagné ni perdu quoi que ce soit. Elle dit simplement la vérité sur ce qu'elle peut imprimer.
La marche à suivre, logiciel par logiciel
Photoshop
Image → Taille de l'image. Décochez « Rééchantillonnage », écrivez 300 dans Résolution, validez. Les champs Largeur et Hauteur en pixels doivent rester figés : s'ils bougent, la case est encore cochée et Photoshop est en train de fabriquer des pixels par interpolation.
GIMP
Image → Taille de l'impression, puis 300 dans les deux champs de résolution X et Y. Ne passez pas par « Échelle et taille de l'image », qui rééchantillonne.
Aperçu, sur macOS
Outils → Ajuster la taille. Décochez « Rééchantillonner l'image », écrivez 300 en résolution.
Sans logiciel
Déposez le fichier dans le vérificateur : il lit l'étiquette réelle et vous dit immédiatement quelle taille vos pixels permettent. Si un agrandissement est nécessaire, l'atelier produit un fichier déjà étiqueté à 300 DPI, avec les métadonnées d'impression complètes.
La vraie question : avez-vous assez de pixels ?
Un imprimeur qui réclame « du 300 DPI » ne parle jamais de l'étiquette. Il veut assez de pixels pour la taille commandée. Le calcul :
pixels = centimètres ÷ 2,54 × 300
| Vous visez | Il faut | Une image de 1920 px de large |
|---|---|---|
| 10 × 15 cm | 1181 px | suffit |
| A4 | 2480 px | 232 DPI, acceptable |
| A3 | 3508 px | 164 DPI, affiche |
| 50 × 70 cm | 5906 px | 98 DPI, non |
Si la ligne qui vous intéresse est rouge, aucune manipulation d'étiquette ne vous sauvera. Il faut ajouter des pixels — et tout dépend de la façon dont on les ajoute.
Ajouter des pixels : deux méthodes, deux résultats
L'interpolation — bicubique, Lanczos, « conserver les détails » — calcule chaque pixel nouveau à partir de la moyenne pondérée de ses voisins. Elle ne peut, par construction, rien inventer : elle étire et adoucit. L'image obtenue est plus grande et exactement aussi détaillée qu'avant, donc plus floue à taille égale de regard.
Le réseau de neurones a vu des millions de paires petite image / grande image. Il ne moyenne pas, il propose le contenu le plus vraisemblable : une arête franche là où l'interpolation ferait un dégradé, une fibre de papier là où il y avait une bouillie. Le détail n'est pas récupéré — il n'existe plus — il est reconstruit, et c'est ce qui se voit à l'impression.
Contrepartie mesurée et corrigée dans l'atelier : ces réseaux lissent la matière. Sur notre cas de référence, l'écart-type du laplacien passe de 25,8 à 13,1 en sortie brute. Une passe d'accentuation à rayon 1 la ramène à 22,9. Sans elle, le tirage a un aspect de cire. Le détail technique.
Questions fréquentes
Pourquoi 72 DPI, d'où vient ce chiffre ?
Des écrans Macintosh de 1984, dont la densité était de 72 points par pouce, choisie pour qu'un point typographique à l'écran fasse un point sur le papier. Aucun écran actuel n'est à 72 DPI, mais la valeur est restée comme étiquette par défaut dans beaucoup de logiciels et d'exports web.
Mon fichier n'affiche aucun DPI, est-ce grave ?
Non. Un PNG sans bloc pHYs ou un JPEG sans JFIF ni EXIF n'a pas d'étiquette du tout. La plupart des plateformes appliquent alors 72 par défaut. Il suffit d'exporter en précisant la densité.
Faut-il aussi convertir en CMJN ?
Pas pour l'impression à la demande. Les plateformes attendent du sRGB et convertissent vers le profil de leur machine, qu'elles connaissent et que vous ne connaissez pas. Une conversion CMJN à l'aveugle abîme les couleurs sans rien garantir.
Un agrandissement ×4 est-il toujours possible ?
Techniquement oui, visuellement non toujours. Au-delà de ×4, le réseau invente plus qu'il ne reconstruit, et les visages comme les textes se déforment. En dessous de ×1,6, il n'apporte presque rien face à un simple Lanczos : l'atelier le dit et propose alors le moteur rapide.
Vérifiez avant de convertir
Déposez votre fichier : étiquette réelle, pixels réels, taille atteignable, format par format.
À lire ensuite : pourquoi 300 DPI, et combien de pixels, « fichier trop petit » : que répondre à l'imprimeur.